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La situation sanitaire est marquée par de forts taux de
mortalité. Selon une enquête démographique
et de santé de 1998-99, près de 80 000 enfants meurent
avant l'âge de 1 an. La principale cause de décès
infantiles sont des maladies pour lesquelles des traitements médicaux
existent mais par manque de moyen, ces derniers ne peuvent être
prescrits aux populations. Ainsi, les statistiques sanitaires
et les résultats d'une enquête démographique
et de santé en 1998 montrent que sur 100 enfants malades,
11 présentent des symptômes d'infections respiratoires
aiguës, 35 ont un aspect palustre et 20 ont une diarrhée.
La paludisme représente une des principales causes de morbidité
avec, en moyenne, 600 000 cas par an. Son incidence a baissé
progressivement passant de 7.6 % en 1988 à 5.4 % en 1997.
Quant à la rougeole, son incidence a aussi diminué
en quelques années mais cette maladie, comme la méningite,
connaît des poussées épidémiques cycliques,
ce qui a été le cas en 2000 et en 2001.
Ce fort taux de mortalité infantile peut s'expliquer
tout d'abord par de mauvaises pratiques d'hygiène et d'assainissement.
En effet, malgré les efforts constatés ces dernières
années pour pourvoir les grandes villes de systèmes
d'évacuation des eaux usées et des eaux pluviales,
la situation d'assainissement demeure encore un problème
de santé. Une grande majorité de la population n'est
pas encore détachée des mauvaises conditions d'hygiène
personnelle et domestique. Le manque d'accès à l'eau
potable (seulement 34 % des Burkinabés y ont accès)
est une des causes importantes qui favorise la propagation des
maladies.
Parallèlement, le mode d'évacuation des ordures
ménagères pose problème. Une très
faible part de la population utilise les poubelles : les immondices
sont tout simplement à même le sol, ce qui aggrave
considérablement les conditions d'hygiène, notamment
des enfants.
La seconde explication avancée est celle de la faiblesse
du suivi de l'enfant par sa mère, conjuguée avec
l'accès difficile aux centres de santé. De manière
générale, les mères ont une méconnaissance
dans le domaine de la santé, ce qui est très préjudiciable
pour le bien être de leurs progénitures. Elles ne
connaissent pas les maladies dont peuvent être victimes
les enfants et surtout elles ne connaissent pas les moyens pour
éviter de telles infections (vaccination, règles
d'hygiène...).
Par ailleurs, le pays fait face à un double fardeau de
transition démographique accompagnée d'une transition
épidémiologique ce qui entraîne l'émergence
de certaines maladies comme les maladies cardio-vasculaires, les
maladies liées au stress, à la pollution, à
la consommation alimentaire.
Enfin, les endémies majeures comme la tuberculose ou encore
la lèpre constituent d'importants problèmes de santé
publique. Mais le fléau le plus préoccupant est
le SIDA qui se caractérise par sa progression rapide et
son expansion dans toutes les couches sociales. Officiellement
10 cas ont été déclarés en 1986 et
2 166 en 1998. Mais à la fin des années 1999, ONU
SIDA estimait que 350 000 personnes vivaient avec le SIDA au Burkina
Faso. L'absence de prévention et de dépistage risque
malheureusement d'aggraver cette situation déjà
désastreuse.
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